Commencer à épargner tôt : quel impact sur votre capital à 60 ans ?

« Je commencerai à épargner sérieusement quand je gagnerai davantage. »

La réflexion semble logique.

A 20 ou 25 ans, mettre 50 € de côté chaque mois peut paraître presque insignifiant.

Alors pourquoi ne pas attendre quelques années et commencer directement avec 200 €, 300 € ou davantage ?

Pour répondre à cette question, j’ai fait un calcul.

Deux personnes vont consacrer environ 60 000 € de leur poche à leur épargne.

Mais elles ne vont pas commencer au même âge.

Et le résultat à 60 ans est loin d’être identique.

Personne A : commencer à 20 ans avec seulement 50 € par mois

Notre première épargnante commence à 20 ans.

Elle ne dispose pas d’une capacité d’épargne importante et commence donc modestement.

De 20 à 30 ans : 50 € par mois.

De 30 à 40 ans : 100 € par mois.

De 40 à 50 ans : 150 € par mois.

De 50 à 60 ans : 200 € par mois.

Son effort augmente donc progressivement avec les années.

Sur 40 ans, elle aura versé :

6 000 € pendant la première décennie ;

12 000 € pendant la deuxième ;

18 000 € pendant la troisième ;

24 000 € pendant la dernière.

Soit exactement 60 000 € versés.

Et surtout, son effort d’épargne mensuel n’aura jamais dépassé 200 €.

Personne B : attendre 45 ans pour commencer

Notre deuxième épargnant fait un autre choix.

Il préfère attendre d’avoir une capacité d’épargne plus importante.

Il commence donc à 45 ans et dispose de 15 années avant ses 60 ans.

Pour verser lui aussi environ 60 000 €, il devra mettre de côté près de :

333 € par mois pendant 15 ans.

Il aura donc consacré pratiquement la même somme à son épargne que la première personne.

Mais avec un effort mensuel nettement supérieur.

Alors, à votre avis, auront-ils le même capital à 60 ans ?

Même somme versée, mais pas le même résultat

Pour comparer les deux stratégies, prenons une hypothèse pédagogique de rendement moyen de 3 % par an, avec capitalisation des gains.

Il ne s’agit évidemment pas d’une performance garantie : la performance réelle dépendra des placements choisis, de leurs frais, de leur niveau de risque et de leur évolution dans le temps.

Avec cette hypothèse, à 60 ans :

Personne A : environ 98 000 €

Personne B : environ 75 000 €

Soit un écart d’environ :

23 000 €.

Pourtant, les deux personnes auront consacré approximativement la même somme à leur épargne.

La différence principale ?

Le temps.

Pourquoi commencer plus tôt fait une telle différence ?

Parce que les premiers euros versés par la personne A ont beaucoup plus de temps pour produire des gains.

Et ces gains peuvent eux-mêmes produire de nouveaux gains.

C’est le principe de la capitalisation.

Les 50 € versés à 20 ans peuvent rester investis pendant près de 40 ans.

A l’inverse, les premiers 333 € versés par la personne B à 45 ans ne disposent plus que de 15 années pour travailler.

Le montant versé chaque mois est donc loin d’être le seul élément important.

Le temps pendant lequel l’argent reste investi compte énormément.

Mais le véritable avantage n’est pas seulement le capital obtenu

C’est, à mon sens, la partie la plus intéressante de cet exemple.

Regardons à nouveau les efforts mensuels.

Personne A :

50 €, puis 100 €, puis 150 € et enfin 200 €.

Personne B :

333 € dès le premier mois et pendant 15 ans.

La première personne n’atteint donc jamais l’effort d’épargne mensuel demandé à celle qui a commencé plus tard.

C’est un élément essentiel lorsqu’on parle de préparation de la retraite.

Commencer tôt ne permet pas seulement de bénéficier plus longtemps de la capitalisation.

Cela permet également de lisser l’effort financier sur une période beaucoup plus longue.

« Mais à 20 ans, je ne peux mettre que 50 € de côté »

Justement.

C’est probablement l’un des principaux enseignements de cet exemple.

Commencer à préparer son avenir ne signifie pas nécessairement commencer avec plusieurs centaines d’euros par mois.

50 € peuvent sembler peu.

Mais 50 € investis régulièrement constituent une première habitude d’épargne.

Puis la situation évolue.

Les revenus peuvent augmenter.

Un crédit peut se terminer.

Les enfants grandissent.

Certaines charges disparaissent.

La capacité d’épargne peut alors évoluer progressivement.

Il est souvent plus facile de passer de 50 € à 100 €, puis de 100 € à 150 €, que d’attendre quinze ou vingt ans et devoir commencer immédiatement avec plus de 300 € par mois.

Faut-il forcément commencer à 20 ans ?

Non.

Et ce n’est surtout pas le message de cet exemple.

Si vous avez 35, 45 ou 55 ans et que vous n’avez pas encore commencé à préparer votre retraite, constater que vous auriez pu commencer plus tôt n’a aucun intérêt.

On ne peut pas investir rétroactivement.

En revanche, on peut déterminer aujourd’hui :

  • le capital déjà constitué ;
  • le nombre d’années restant avant la retraite ;
  • le niveau de revenus souhaité ;
  • la capacité d’épargne actuelle ;
  • et l’effort nécessaire pour atteindre l’objectif.

Plus l’horizon est court, plus l’effort peut devoir être important.

D’où l’intérêt de faire le calcul suffisamment tôt.

50 € par mois, oui, mais sur quel placement ?

Cet exemple ne signifie pas qu’il suffit de placer automatiquement 50 € par mois sur n’importe quel support.

Le choix dépend notamment de l’horizon, du niveau de risque accepté et de l’objectif.

Assurance vie, PER, placements financiers ou autres solutions peuvent répondre à des besoins différents.

A 20 ans, avec plusieurs décennies devant soi, la stratégie peut également évoluer au fil du temps.

L’important est donc moins de chercher immédiatement le placement parfait que de mettre en place une stratégie cohérente et de la faire évoluer.

En conclusion : le temps est aussi une forme d’épargne

Dans notre exemple, deux personnes consacrent environ 60 000 € à leur épargne.

La première commence avec seulement 50 € par mois et augmente progressivement son effort.

La seconde attend 45 ans et doit mettre de côté environ 333 € par mois.

Avec une hypothèse de rendement moyen de 3 % par an, la première arrive pourtant à 60 ans avec environ 23 000 € de capital supplémentaire.

Mais le chiffre que je trouve presque le plus intéressant est ailleurs :

elle n’a jamais eu besoin d’épargner plus de 200 € par mois.

Préparer sa retraite tôt, ce n’est donc pas forcément épargner beaucoup.

C’est aussi éviter d’avoir à épargner beaucoup plus tard.

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